Les Misérables (Hugo)
Résumé succinct
En octobre 1815, Jean Valjean, libĂ©rĂ© aprĂšs dix-neuf ans de bagne pour avoir volĂ© un pain, arriva Ă Digne. RejetĂ© de toutes les auberges Ă cause de son passeport jaune signalant sa dangerositĂ©, il fut accueilli charitablement par l'Ă©vĂȘque Myriel. Valjean lui vola son argenterie dans la nuit, mais lorsqu'il fut ramenĂ© par les gendarmes, le prĂ©lat le sauva en affirmant lui avoir offert ces objets et lui donna en plus deux chandeliers.
Jean Valjean, mon frĂšre, vous nâappartenez plus au mal, mais au bien. Câest votre Ăąme que je vous achĂšte ; je la retire aux pensĂ©es noires et Ă lâesprit de perdition, et je la donne Ă Dieu.
Bouleversé, Valjean changea d'identité. Sous le nom de Monsieur Madeleine, il devint un industriel prospÚre et maire de Montreuil-sur-Mer. Il tenta de secourir Fantine, une mÚre déchue forcée de confier sa fille Cosette aux Thénardier. Traqué par l'intransigeant inspecteur Javert, Valjean se dénonça pour innocenter un autre homme accusé à sa place, puis s'évada. Il arracha Cosette à la misÚre et ils vécurent cachés à Paris. Des années plus tard, Cosette tomba amoureuse de Marius Pontmercy. En juin 1832, une émeute éclata et Marius rejoignit les barricades.
Valjean rejoignit le combat pour protéger Marius. Il y sauva Javert, capturé par les insurgés, en le laissant s'enfuir. La barricade tombée, Valjean porta Marius blessé à travers les égouts. à la sortie, Javert l'interpella mais, bouleversé par cet acte de clémence, il le laissa libre avant de se jeter dans la Seine. Marius épousa Cosette. Valjean avoua son passé et s'isola. C'est Thénardier qui, voulant calomnier Valjean, révéla involontairement à Marius que le forçat était son sauveur. Le couple accourut pour entourer le vieillard, qui mourut apaisé.
Résumé détaillé par tomes
Les sous-parties au sein des tomes sont éditoriales.
Tome 1. Fantine
En 1815, Charles-François-Bienvenu Myriel, Ă©vĂȘque de Digne, Ă©tait un homme d'une charitĂ© immense, surnommĂ© Monseigneur Bienvenu par le peuple. Un soir d'octobre, un voyageur Ă l'aspect patibulaire arriva en ville. Il venait d'ĂȘtre libĂ©rĂ© du bagne de Toulon aprĂšs dix-neuf ans de travaux forcĂ©s pour le vol d'un pain et plusieurs tentatives d'Ă©vasion. RejetĂ© de toutes les auberges Ă cause de son passeport jaune, cet homme, Jean Valjean, finit par frapper Ă la porte de l'Ă©vĂȘchĂ©.
Contre toute attente, l'Ă©vĂȘque l'accueillit Ă sa table et lui offrit un lit, le traitant avec dignitĂ©. Cependant, endurci par des annĂ©es de souffrance, Valjean se rĂ©veilla au milieu de la nuit, vola l'argenterie de son hĂŽte et s'enfuit. ArrĂȘtĂ© au matin par les gendarmes, il fut ramenĂ© devant le prĂ©lat. Monseigneur Myriel, loin de l'accuser, prĂ©tendit lui avoir offert ces couverts et y ajouta deux chandeliers en argent, sauvant ainsi son invitĂ© de la rĂ©cidive. Il lui fit promettre d'utiliser cet argent pour devenir un honnĂȘte homme. BouleversĂ©, Valjean erra dans la campagne et, par un dernier rĂ©flexe criminel, dĂ©roba une piĂšce de quarante sous Ă un petit savoyard nommĂ© Petit-Gervais. La prise de conscience de ce nouvel acte ignoble, commis juste aprĂšs la clĂ©mence de l'Ă©vĂȘque, provoqua en lui une crise morale profonde. Il pleura pour la premiĂšre fois depuis longtemps, la lumiĂšre de l'Ă©vĂȘque ayant dĂ©finitivement chassĂ© les tĂ©nĂšbres de son Ăąme.
Ă ceux qui ignorent, enseignez-leur le plus de choses que vous pourrez ; la sociĂ©tĂ© est coupable de ne pas donner lâinstruction gratis ; elle rĂ©pond de la nuit quâelle produit... Le coupable nâest pas celui qui y fait le pĂ©chĂ©.
La rédemption de Jean Valjean
Quelques années plus tard, un homme mystérieux nommé Monsieur Madeleine transforma la ville de Montreuil-sur-Mer grùce à une nouvelle technique industrielle. Devenu riche et immensément généreux, il fut nommé maire en 1820. Cet homme n'était autre que Valjean métamorphosé. Il vivait dans l'humilité, refusant les honneurs mais prodiguant des soins aux pauvres. Seul l'inspecteur de police Javert, un homme rigide et soupçonneux, le surveillait avec défiance, croyant reconnaßtre en lui un ancien forçat.
La déchéance de Fantine
Fantine, une jeune grisette abandonnée par son amant, confia sa fille à un couple d'aubergistes de Montfermeil, les Thénardier, pour pouvoir travailler à Montreuil.
Les Thénardier maltraitaient l'enfant tout en extorquant de l'argent à la mÚre.
CâĂ©tait une chose navrante de voir, lâhiver, ce pauvre enfant, qui nâavait pas encore six ans, grelottant sous de vieilles loques de toile trouĂ©es, balayer la rue avant le jour avec un Ă©norme balai...
Le sacrifice de Monsieur Madeleine
RenvoyĂ©e de l'usine, Fantine vendit ses cheveux et ses dents, puis se prostitua. ArrĂȘtĂ©e injustement par Javert, elle fut sauvĂ©e par Madeleine qui promit de lui ramener sa fille. Cependant, Javert avoua au maire qu'il l'avait dĂ©noncĂ© Ă tort, car le "vrai" Jean Valjean venait d'ĂȘtre retrouvĂ© sous le nom de Champmathieu. Madeleine fut alors confrontĂ© Ă un dilemme atroce : laisser condamner un innocent ou se dĂ©noncer et perdre sa capacitĂ© Ă faire le bien.
Rester dans le paradis, et y devenir dĂ©mon ! rentrer dans lâenfer, et y devenir ange ! Que faire, grand Dieu ! que faire ? La tourmente dont il Ă©tait sorti... se dĂ©chaĂźna de nouveau en lui.
Il se rendit au tribunal d'Arras et rĂ©vĂ©la son identitĂ©. De retour auprĂšs de Fantine mourante, il fut arrĂȘtĂ© par Javert. Fantine expira sous le choc de cette violence. Valjean s'Ă©vada peu aprĂšs.
Tome 2. Cosette
Le récit s'interrompt pour décrire la bataille de Waterloo. Sur ce champ de carnage, un maraudeur nommé Thénardier dépouillait les cadavres. Il dégagea par hasard un officier blessé, le colonel Pontmercy, qui crut à un sauvetage héroïque et lui voua une reconnaissance éternelle. Pendant ce temps, Jean Valjean, repris, avait été envoyé au bagne de Toulon sous le numéro 9430. On le croyait perdu, mais un événement survint lors des réparations du vaisseau l'Orion.
Le contexte historique et la fausse mort de Valjean
Un matelot risquait de tomber d'une hune. Valjean intervint, brisa ses chaßnes et sauva l'homme avec une audace inouïe. Acclamé par la foule, il sembla glisser et tomba dans la mer. Les recherches restÚrent vaines et il fut officiellement déclaré noyé. En réalité, il avait survécu et s'était enfui, emportant avec lui sa liberté retrouvée et la ferme intention de tenir sa promesse envers Fantine.
Le sauvetage de Cosette et la fuite
Le soir de Noël 1823, Valjean arriva à Montfermeil. Il rencontra dans les bois une petite fille terrifiée portant un seau d'eau trop lourd : c'était Cosette. Témoin de la maltraitance des Thénardier, il acheta la liberté de l'enfant à prix d'or et l'emmena à Paris.
Ils vĂ©curent quelque temps dans la masure Gorbeau, oĂč Valjean apprit Ă Cosette Ă lire et Ă jouer. Mais Javert retrouva leur trace. Une traque haletante s'engagea dans les rues nocturnes de Paris.
Le refuge au couvent du Petit-Picpus
Acculé dans une impasse, Valjean escalada un mur avec Cosette sur le dos et atterrit dans un jardin. C'était le couvent du Petit-Picpus. Par miracle, le jardinier n'était autre que le pÚre Fauchelevent, l'homme que Valjean avait sauvé à Montreuil. Reconnaissant, le vieillard accepta de les cacher. Valjean se fit passer pour son frÚre, Ultime, et devint aide-jardinier, tandis que Cosette entrait au pensionnat religieux. Ils y vécurent en paix pendant plusieurs années, à l'abri du monde et de la police.
Tome 3. Marius
Paris est peuplé d'une race singuliÚre : les gamins. Parmi eux vivait Gavroche, un garçon de onze ou douze ans, rieur et misérable. Il était le fils des Thénardier, qui vivaient désormais à Paris sous le nom de Jondrette, mais ses parents le délaissaient. Gavroche préférait la liberté de la rue, trouvant refuge dans la statue colossale et délabrée de l'éléphant de la Bastille.
Le gamin de Paris aujourdâhui, comme autrefois le grĂŠculus de Rome, câest le peuple enfant ayant au front la ride du monde vieux. Le gamin est une grĂące pour la nation, et en mĂȘme temps une maladie.
Ce gamin incarnait l'esprit frondeur de la ville, oscillant entre l'innocence et la corruption des faubourgs. Pendant ce temps, un autre jeune homme cherchait sa voie dans la capitale : Marius Pontmercy.
Marius, sa famille et ses origines
Marius avait été élevé par son grand-pÚre maternel, Monsieur Gillenormand, un bourgeois royaliste qui haïssait le pÚre de l'enfant, le colonel Pontmercy, héros de Napoléon.
à la mort de son pÚre, Marius découvrit la vérité sur cet homme qu'on lui avait appris à mépriser. Il se convertit aux idéaux bonapartistes, se disputa violemment avec son grand-pÚre et quitta le domicile familial pour vivre dans la pauvreté.
Les Amis de lA B C et lamour naissant
Marius se lia d'amitié avec un groupe d'étudiants révolutionnaires, les Amis de l'A B C, dirigés par le charismatique Enjolras.
Bien que politiquement différent d'eux, il partageait leur misÚre. Lors de ses promenades au jardin du Luxembourg, Marius remarqua un vieillard et une jeune fille. Il tomba éperdument amoureux de celle qu'il appelait "l'Alouette", ignorant qu'il s'agissait de Cosette et Jean Valjean, sorti du couvent.
Le guet-apens de la masure Gorbeau
Marius habitait la masure Gorbeau, voisin de la famille Jondrette. Un jour, il dĂ©couvrit que Jondrette prĂ©parait un guet-apens contre un bienfaiteur qui devait venir le soir mĂȘme : c'Ă©tait Jean Valjean. Marius alerta la police et Javert lui donna des pistolets pour donner le signal. Le soir venu, Marius observa par une fente du mur la confrontation. Jondrette se rĂ©vĂ©la ĂȘtre ThĂ©nardier. Marius fut horrifiĂ© de devoir faire arrĂȘter l'homme qui avait sauvĂ© son pĂšre Ă Waterloo. Valjean parvint Ă s'enfuir par la fenĂȘtre au moment oĂč Javert faisait irruption.
Tome 4. LIdylle rue Plumet et lépopée rue Saint-Denis
En 1832, Paris bouillonnait de tensions politiques. Le rĂšgne de Louis-Philippe ne satisfaisait ni les rĂ©publicains ni les royalistes, et le cholĂ©ra ajoutait Ă la misĂšre. C'est dans ce climat que Marius, aidĂ© par Ăponine, la fille aĂźnĂ©e des ThĂ©nardier, retrouva la trace de Cosette. Ăponine, bien que secrĂštement amoureuse de Marius, accepta de servir son bonheur par abnĂ©gation.
Elle empĂȘcha mĂȘme son pĂšre et sa bande de cambrioler la maison de la rue Plumet oĂč Valjean avait installĂ© Cosette, protĂ©geant ainsi le sanctuaire des amoureux.
Lidylle de la rue Plumet et les ombres de Paris
Marius et Cosette se retrouvaient secrÚtement chaque soir dans le jardin de la rue Plumet. Ils vivaient une passion pure et absolue, isolés du monde.
La rĂ©duction de lâunivers Ă un seul ĂȘtre, la dilatation dâun seul ĂȘtre jusquâĂ Dieu, voilĂ lâamour. Lâamour, câest la salutation des anges aux astres.
Cependant, Jean Valjean, inquiet des troubles dans Paris et d'une inscription mystĂ©rieuse sur son mur, dĂ©cida de partir pour l'Angleterre avec Cosette. DĂ©sespĂ©rĂ©, Marius alla demander la permission de se marier Ă son grand-pĂšre, qui l'insulta en lui suggĂ©rant de faire de Cosette sa maĂźtresse. Marius quitta la maison, le cĆur brisĂ©. N'ayant plus d'espoir, il se laissa entraĂźner par la voix d'Ăponine qui l'appelait vers les barricades.
Le début de linsurrection et les barricades
Le 5 juin 1832, les funérailles du général Lamarque déclenchÚrent l'insurrection. Les étudiants de l'A B C construisirent une barricade rue de la Chanvrerie. Gavroche y était, chantant et aidant les insurgés. Marius arriva au moment critique, sauva Gavroche et menaça de faire sauter la barricade avec un baril de poudre, forçant les soldats à reculer.
Lâinsurrection est lâaccĂšs de fureur de la vĂ©ritĂ© ; les pavĂ©s que lâinsurrection remue jettent lâĂ©tincelle du droit. Ces pavĂ©s ne laissent Ă lâĂ©meute que leur boue. Danton contre Louis XVI, câest lâinsurrection...
Ăponine, qui s'Ă©tait interposĂ©e pour recevoir une balle destinĂ©e Ă Marius, mourut dans ses bras aprĂšs lui avoir remis une lettre de Cosette.
Tome 5. Jean Valjean
Jean Valjean, ayant intercepté la réponse de Marius à Cosette grùce à Gavroche, découvrit l'amour de sa fille. AprÚs un moment de haine, il prit son fusil et se rendit à la barricade, non pour tuer, mais pour protéger Marius.
La chute de la barricade
L'armée donna l'assaut final. Les défenseurs tombÚrent un à un. Le petit Gavroche fut tué alors qu'il ramassait des cartouches sous la mitraille, chantant son dernier couplet. Enjolras fut fusillé. Marius, gravement blessé et inconscient, fut sauvé in extremis par Valjean qui l'emporta sur ses épaules.
La traversée des égouts et le suicide de Javert
Valjean traversa les égouts de Paris, un labyrinthe infernal, portant le corps de Marius. à la sortie, il tomba sur Javert. L'inspecteur accepta de le laisser déposer Marius chez son grand-pÚre, puis de le laisser rentrer chez lui. Mais Javert, déchiré entre son devoir strict et l'admiration pour la magnanimité du forçat qui l'avait épargné plus tÎt à la barricade, ne put supporter cette contradiction.
Ătre le granit, et douter ! ĂȘtre la statue du chĂątiment fondue tout d'une piĂšce dans le moule de la loi, et s'apercevoir subitement qu'on a... quelque chose qui ressemble presque Ă un cĆur !
Il se jeta dans la Seine.
Le mariage de Cosette et la fin de Jean Valjean
Marius guérit et épousa Cosette. Jean Valjean avoua son passé de forçat à Marius et s'éloigna peu à peu de leur vie pour ne pas ternir leur bonheur. Il dépérit de chagrin dans sa solitude. Thénardier, voulant calomnier Valjean auprÚs de Marius, révéla involontairement que Valjean était le sauveur des égouts. Marius et Cosette coururent au chevet du vieillard mourant. Valjean s'éteignit en paix, entouré de ses enfants.
Il est utile que je mâen aille. La mort est un bon arrangement. Dieu sait mieux que nous ce quâil nous faut. Que vous soyez heureux... que votre vie soit une belle pelouse avec du soleil...