Vendredi ou la Vie sauvage (Tournier)

De Wikisum
Aller à :navigation, rechercher
Avertissement : Ce résumé a été généré par une IA, il peut donc contenir des erreurs.
🏝️
Vendredi ou la vie sauvage
1971
Résumé du roman
L'original se lit en 172 minutes
Micro-résumé
Un naufragé imposa l'ordre sur une île. Un indigène qu'il sauva détruisit tout, leur offrant une vie sauvage et heureuse. Le natif s'embarqua, tandis qu'un enfant maltraité resta avec l'homme libre.

Résumé très court

Océan Pacifique, 1759. Le navire La Virginie fit naufrage lors d'une tempête. Robinson Crusoé fut le seul survivant et se retrouva échoué sur une île déserte qu'il nomma Speranza.

🧔🏻‍♂️
Robinson Crusoé — narrateur principal; homme d'environ 22 ans au début (50 ans à la fin), anglais de York, cheveux roux bouclés, barbe rousse, naufragé devenu gouverneur puis homme libre.

Robinson organisa méthodiquement l'île, construisit une forteresse, cultiva des céréales, éleva des chèvres et établit des lois strictes. Il vécut ainsi pendant des années dans la solitude, luttant contre le désespoir et la tentation de se laisser aller.

Un jour, des Indiens araucans débarquèrent sur l'île pour un sacrifice rituel. Robinson sauva l'un des condamnés en tuant son poursuivant. Il nomma le rescapé Vendredi, du nom du jour où il l'avait recueilli.

🧑🏾
Vendredi — jeune homme indien araucanien, peau brune, cheveux noirs longs, mince et rapide, inventif, joyeux, libre, compagnon de Robinson.

Vendredi devint le serviteur de Robinson et apprit à travailler selon les règles strictes du maître. Mais un jour, en fumant la pipe en cachette, il provoqua accidentellement l'explosion de la réserve de poudre, détruisant toute l'œuvre de Robinson.

Après la catastrophe, leur vie changea complètement. Robinson abandonna son rôle de gouverneur et adopta le mode de vie libre et joyeux de Vendredi. Ils jouèrent, inventèrent, vécurent en harmonie avec la nature. Vendredi créa un cerf-volant avec la peau d'un bouc et une harpe éolienne qui chantait dans le vent.

Vingt-huit ans après le naufrage, un navire anglais, le Whitebird, arriva sur l'île. Robinson comprit alors qu'il ne voulait pas retourner à la civilisation.

Ce Whitebird avec ses hommes, c’était l’envoyé d’une civilisation où il ne voulait pas retourner. Il se sentait jeune, beau et fort à condition de demeurer à Speranza avec Vendredi.

Vendredi choisit de partir avec le navire, séduit par le beau voilier. Mais le mousse Jean, maltraité à bord, se cacha sur l'île. Robinson l'accueillit et le rebaptisa Dimanche. Une nouvelle vie commença pour eux.

Résumé détaillé

La division du résumé en chapitres est éditoriale.

Le naufrage de La Virginie

Le 29 septembre 1759, en fin d'après-midi, une violente tempête s'abattit sur la galiote hollandaise La Virginie dans l'archipel Juan Fernandez, au large du Chili. À bord voyageait Robinson, un Anglais de York qui avait laissé sa femme et ses deux enfants pour explorer l'Amérique du Sud et développer des échanges commerciaux avec le Chili.

Le capitaine van Deyssel et Robinson jouaient tranquillement aux cartes dans la cabine pendant que l'ouragan se déchaînait. Soudain, le navire heurta un récif. Une explosion retentit, une vague gigantesque balaya le pont, emportant hommes et matériel. Robinson perdit connaissance.

👨🏼‍✈️
Capitaine van Deyssel — homme d'âge mûr, hollandais, commandant de La Virginie, expérimenté, ironique, fumeur de pipe, buveur de genièvre.

Exploration et premières installations

Robinson se réveilla sur une plage jonchée de débris. L'épave de La Virginie se dressait au loin sur les récifs. Souffrant à l'épaule, il s'enfonça dans la forêt où il tua un bouc sauvage avec une massue. Il découvrit que la terre où il se trouvait était une île déserte, qu'il aperçut du sommet d'un rocher. Épuisé, il mangea un ananas sauvage et s'endormit.

Le lendemain, Robinson redescendit vers la plage. Il fit rôtir de la viande de bouc et décida d'entretenir un feu permanent pour attirer l'attention d'éventuels navires. Il installa des signaux sur la plage et la falaise, dont un eucalyptus creux qu'il bourra de brindilles pour en faire une torche géante.

Construction et échec de LÉvasion

Ne pouvant plus attendre, Robinson décida de construire un bateau pour rejoindre le Chili. Il entreprit de visiter l'épave pour récupérer des outils et des provisions. Sur plusieurs jours, il transporta sur un radeau des biscuits, de la viande séchée, des armes, des outils, quarante tonneaux de poudre noire, des planches et une Bible.

Robinson baptisa son futur bateau L'Évasion et se mit au travail dans une clairière. Pendant des mois, il assembla patiemment les pièces de bois, fabriqua de la glu avec de l'écorce de houx pour enduire la coque. Quand L'Évasion fut terminée, Robinson constata avec horreur qu'il était incapable de la traîner jusqu'à la mer. Il avait commis une erreur fatale en ne la construisant pas directement sur la plage. Tous ses efforts furent vains.

Désespoir et la souille

Découragé par l'échec de L'Évasion, Robinson sombra dans le désespoir. Il passa des journées entières couché dans une souille boueuse, comme les sangliers. Les gaz de l'eau croupie lui troublaient l'esprit, il se croyait redevenu un petit enfant. Il ne se lavait plus et une croûte de terre séchée le couvrait des pieds à la tête.

Un jour, il crut entendre une musique céleste et vit pointer une voile blanche à l'horizon. Il enflamma l'eucalyptus et courut sur la plage. C'était un galion espagnol où se déroulait une fête. Robinson reconnut à une fenêtre sa sœur Lucy, morte depuis longtemps. Il comprit que ce navire était une hallucination. Cette vision lui fit comprendre que la paresse et le désespoir le rendaient fou. Il devait se ressaisir et travailler.

Organisation méthodique de Speranza

Robinson explora méthodiquement l'île et établit son dépôt dans une grotte du massif rocheux. Il y transporta tout ce qu'il avait sauvé de l'épave. Il dressa la carte de l'île et la baptisa Speranza, ce qui signifie l'espérance. Il construisit un enclos pour domestiquer les chèvres et sema du blé et de l'orge après avoir trié grain par grain les céréales sauvées du naufrage.

Il comprit ainsi que le danger de la paresse, du découragement et du désespoir le menaçait toujours, et qu’il devait travailler sans relâche pour y échapper. ... Robinson ne cessait d’organiser et de civiliser son île...

Quand sa récolte fut mûre, Robinson la battit au fléau et vanna son grain. Il obtint trente gallons de blé et vingt gallons d'orge, mais décida de consacrer toute sa récolte au prochain ensemencement plutôt que de faire du pain. Il obéissait à un nouveau penchant, l'avarice.

Robinson retrouva Tenn, le chien de La Virginie, qui jaillit d'un buisson. Cette présence le décida à construire une vraie maison près du grand cèdre. Il éleva des murs en troncs de palmiers, créa une toiture en feuilles de figuier-caoutchouc et aménagea l'intérieur avec des meubles en osier et la vaisselle sauvée du navire. Il prit l'habitude de s'habiller chaque soir pour dîner.

🐕
Tenn — chien de La Virginie, poil fauve, petits yeux bruns, fidèle, vieillissant, gros et lent, compagnon de Robinson et Vendredi.

Il fabriqua une clepsydre, une horloge à eau, et dressa un mât-calendrier devant sa maison pour marquer les jours, les mois et les années. Il craignait de retomber dans la souille et de devenir comme une bête.

Fortification et agriculture

Lorsque son calendrier eut mille jours inscrits, Robinson décida de donner des lois à Speranza. Il rédigea une Charte qui l'établissait gouverneur de l'île. Les lois obligeaient les habitants à penser à haute voix, à jeûner le vendredi, à chômer le dimanche et à assister à la prière. Seul le gouverneur était autorisé à fumer la pipe une fois par semaine.

Un jour, Robinson aperçut une colonne de fumée blanche s'élevant du côté de la plage. Il découvrit une quarantaine d'Indiens Araucans rassemblés autour d'un feu. Une sorcière désigna un homme comme responsable d'un malheur. L'Indien fut massacré à coups de machette et ses morceaux jetés dans le feu. Robinson assista horrifié à ce sacrifice rituel.

🧙🏾‍♀️
La sorcière araucanienne — vieille femme indienne, maigre, échevelée, désigne les victimes pour les sacrifices rituels, respire la fumée, profère des malédictions.

Après le départ des Indiens, Robinson transforma son île en place fortifiée. Il éleva une enceinte à créneaux autour de sa maison, creusa un fossé, disposa des pièges et enfouit deux tonneaux de poudre qu'il pourrait faire exploser à distance. Chaque soir, il faisait une ronde avec Tenn, fermait la forteresse et sonnait le couvre-feu avant de dîner en uniforme de général.

Robinson installa une rizière en barrant le cours d'une rivière. Il lutta contre les rats en répandant du grain dans la prairie pour attirer les rats noirs de l'épave. Les rats gris de l'île les massacrèrent tous. Il utilisa aussi une colonie de fourmis rouges pour se débarrasser des ordures.

Retour dans la grotte

Robinson entreprit d'explorer le fond de la grotte. Il s'enfonça dans un boyau étroit et découvrit une niche tiède où il s'installa, recroquevillé. L'obscurité devint blanche autour de lui. Il se croyait dans les bras de sa maman, comme un petit enfant. Il se souvint de sa mère, une grande femme forte et calme qui les avait tous sauvés d'un incendie.

Il comprit qu'il devait sortir de ce trou s'il ne voulait pas y rester à jamais. Quand il émergea, la lumière du soleil le frappa en pleine figure. Il grelottait de froid. Robinson redescendit plusieurs fois dans la grotte pour retrouver cette paix merveilleuse, mais il se demandait si ce n'était pas la paresse qui l'y attirait.

Les Indiens et larrivée de Vendredi

Les Indiens revinrent sur l'île. La sorcière désigna une seconde victime. L'homme condamné bondit sur ses pieds et s'élança vers la forêt, poursuivi par deux Indiens. Robinson, caché dans les arbres avec Tenn, tira sur l'un des poursuivants. L'Indien rescapé se prosterna devant Robinson et posa son front au sol en signe de soumission.

Robinson et l'Indien passèrent la nuit dans la forteresse. Les Indiens ne revinrent pas. Le lendemain, Robinson découvrit que la plage était déserte. Il décida d'appeler l'Indien Vendredi, du nom du jour où il l'avait recueilli.

Quelques mois plus tard, Vendredi avait appris l'anglais et tous les travaux de l'île. Il était devenu un serviteur modèle. Le soir, il endossait une livrée de laquais et servait le dîner du gouverneur. Robinson était content d'avoir quelqu'un à faire travailler et à qui enseigner la civilisation. Il payait Vendredi un demi-souverain d'or par mois, avec lequel l'Indien achetait de la nourriture ou du repos.

Vendredi s'attira la bienveillance de Robinson par plusieurs bonnes idées. Il utilisa une colonie de fourmis rouges pour dévorer les ordures. Il apprit à Robinson à se servir des bolas pour capturer les animaux. Il fabriqua une pirogue légère en creusant un tronc de pin, et ils firent ensemble le tour de l'île par mer.

Lexplosion et ses conséquences

Tout allait bien en apparence, mais ils s'ennuyaient tous les trois. Vendredi ne comprenait rien à toute cette organisation. Dès qu'il avait un moment de liberté, il ne faisait que des bêtises. Il éleva un couple de rats, fabriqua un bouclier en torturant une tortue vivante, et nourrit un petit vautour en mâchant des asticots.

Un jour, Vendredi disparut pendant plusieurs heures. Robinson le trouva en train de fumer la pipe dans la grotte, près des tonneaux de poudre. Furieux, Robinson sortit son fouet. Vendredi jeta la pipe dans le fond de la grotte et courut rejoindre Robinson. Soudain, les quarante tonneaux de poudre explosèrent. Un torrent de flammes jaillit de la grotte, et Robinson fut projeté au sol.

Quand Robinson reprit connaissance, Vendredi lui soutenait la tête. Ils n'avaient que quelques contusions. La maison brûlait, la forteresse s'était effondrée, tous les bâtiments avaient été soufflés. Un second tonneau de poudre enfoui sur le chemin explosa. Les chèvres défoncèrent la clôture et s'enfuirent. L'entrée de la grotte était bouchée par un amoncellement de rochers. Ils découvrirent le cadavre de Tenn au pied d'un arbre.

Robinson réfléchit en regardant la lune. Toute l'œuvre qu'il avait accomplie était perdue par la faute de Vendredi, et pourtant il ne lui en voulait pas.

La vérité, c’est qu’il en avait assez depuis longtemps de cette organisation ennuyeuse et tracassière, mais qu’il n’avait pas le courage de la détruire. Maintenant, ils étaient libres tous les deux.

Le grand cèdre, miné par l'explosion, s'écroula dans la nuit.

Transformation et nouvelle vie

Vendredi commença leur nouvelle vie par de longues siestes dans un hamac. Robinson se transforma complètement. Il coupa sa barbe et laissa pousser ses cheveux qui formèrent des boucles dorées. Il paraissait beaucoup plus jeune. Il commença à s'exposer nu au soleil, sa peau durcit et prit une teinte cuivrée. Il s'exerça avec Vendredi à toutes sortes de jeux et apprit à marcher sur les mains.

Robinson ne savait plus sourire. Depuis trop longtemps il n'avait personne à qui sourire.

Il avait beau se forcer, essayer à tout prix de plisser ses yeux et de relever les bords de sa bouche, impossible, il ne savait plus sourire. Il avait l’impression maintenant d’avoir une figure en bois...

Tenn lui souriait. Le chien inclinait drôlement la tête sur le côté et ses yeux se plissaient d'ironie. Robinson réapprit à sourire grâce à Tenn. Désormais, ce fut comme un jeu entre eux.

Robinson regardait Vendredi et apprenait grâce à lui comment vivre sur une île déserte. Vendredi fabriquait des arcs et des flèches de plus en plus longues. Il ne cherchait pas à tuer, mais à faire voler ses flèches le plus haut et le plus loin possible.

La flèche monta jusqu’à une hauteur de cent mètres au moins. Là, elle parut hésiter, mais au lieu de repiquer vers la plage, emportée par le vent, elle fila vers la forêt. ... celle-là ne retombera jamais.

Vendredi apprit à Robinson des recettes de cuisine araucaniennes. Il cuisait les oiseaux à l'argile avec leurs plumes, fabriquait des broches à œuf, mélangeait viande et poisson, sucré et salé. Il lui montra comment faire du sucre avec la sève d'un palmier ventru.

Jeux, inventions et les perroquets

Un jour, ils se disputèrent à propos d'un plat de serpent et de sauterelles. Vendredi fabriqua un mannequin habillé avec les vieux vêtements de Robinson et le brisa. Robinson comprit la leçon et sculpta dans le sable une statue de Vendredi qu'il fouetta. Dès lors, ils vécurent à quatre sur l'île, avec leurs copies respectives.

Vendredi inventa un autre jeu. Il se déguisa en Robinson avec une fausse barbe et des vêtements. Robinson devint Vendredi en se brunissant avec du jus de noix. Ils jouaient des scènes de leur vie passée, quand Vendredi était esclave et Robinson maître. Ce jeu guérissait Vendredi du mauvais souvenir de sa vie d'esclave et Robinson de ses remords d'avoir été un maître dur.

Anda, Andoar et la harpe éolienne

Vendredi trouva un petit tonneau de poudre enterré. Il montra à Robinson qu'en jetant la poudre dans le feu, elle produisait de belles flammes vertes et silencieuses. Ils mélangèrent la poudre avec de la résine pour créer une pâte inflammable dont ils enduisirent tous les arbres morts de l'île. La nuit, ils allumaient ces arbres qui brûlaient comme de grands candélabres de feu.

Vendredi luttait avec les boucs sauvages et leur nouait un collier de lianes autour du cou pour marquer sa victoire. Il recueillit une petite chèvre blessée qu'il baptisa Anda. Il lui fabriqua des attelles et l'immobilisa dans un cadre de bois. Après trois semaines, Anda guérit, mais elle ne voulut plus jamais brouter seule. Vendredi devait lui donner à manger de sa main.

🐐
Anda — chevrette blanche, jeune, patte cassée puis guérie, apprivoisée par Vendredi, ne broute que de sa main, affectueuse.

Une nuit, Vendredi vit apparaître Andoar, le roi des chèvres de Speranza, un bouc magnifique avec de longues cornes noires. Anda voulut le rejoindre, mais Vendredi la retint. Il décida de défier Andoar. Il partit dans la montagne avec un collier de lianes pour marquer sa victoire. Andoar le projeta du haut d'un rocher. Vendredi tomba dans les épines et dut garder le hamac plusieurs jours.

🐐
Andoar — bouc sauvage, roi des chèvres de Speranza, taille et force terribles, longues cornes noires annelées, yeux d'or, barbiche, odeur forte.

Quand il fut guéri, Vendredi repartit défier Andoar. Cette fois, le bouc le chargea et Vendredi tomba sur son dos. Andoar galopa avec Vendredi cramponné à ses cornes. Vendredi plaqua ses mains sur les yeux du bouc qui fonça droit vers un précipice. Ils tombèrent ensemble dans le vide. Andoar mourut en sauvant Vendredi.

Vendredi récupéra la tête d'Andoar que les fourmis avaient nettoyée. Il fabriqua une harpe éolienne avec le crâne, des traverses de bois et les boyaux du bouc. Il fixa deux ailes de vautour de chaque côté et installa la harpe dans un cyprès mort. Le vent faisait vibrer les cordes et produisait une musique grave et belle.

Lors d'une tempête, Robinson et Vendredi vinrent écouter le chant d'Andoar. Le cerf-volant vibrait dans le ciel et la harpe jouait sa plainte déchirante. C'était comme si le grand bouc chantait depuis les étoiles et depuis les profondeurs de la terre.

Le Whitebird et larrivée de Dimanche

Un jour, Vendredi aperçut un point blanc à l'horizon. C'était une goélette anglaise, le Whitebird, commandée par William Hunter. Le navire jeta l'ancre dans la baie. Robinson apprit qu'on était le 22 décembre 1787. Il avait passé exactement vingt-huit ans, deux mois et vingt-deux jours sur l'île.

🧔🏻
William Hunter — homme d'âge moyen, anglais de Blackpool, commandant du Whitebird, barbe noire, chapeau de paille, botté et armé, sourire glacé.

Robinson déjeuna à bord avec le commandant et le second. Il fut servi par un mousse maigre aux cheveux roux, attaché au mât le matin même pour avoir gâté un pâté. Robinson fut dégoûté par la nourriture lourde et par les récits des marins sur la traite des Noirs et les massacres de guerre.

👨🏻
Joseph — homme adulte, second du Whitebird, enthousiaste pour la technique maritime, bavard, raconte la traite des Noirs.

Robinson comprit qu'il ne quitterait jamais l'île. Il se sentait jeune et fort à condition de rester à Speranza avec Vendredi. S'il partait, il serait un vieil homme de cinquante ans. Il décida de rester. Le commandant lui offrit une yole de repérage. Robinson et Vendredi regagnèrent l'île le soir même.

À l'aube, Robinson découvrit que Vendredi avait disparu avec Anda. Le hamac était vide. Robinson courut sur la plage. La yole et la pirogue étaient là. Il battit toute l'île en appelant Vendredi, de plus en plus convaincu que son compagnon l'avait trahi et abandonné. Il se souvint de l'admiration de Vendredi pour le beau bateau blanc.

C’était cela : Vendredi avait été séduit par ce nouveau jouet, plus magnifique que tous ceux qu’il avait construits lui-même dans l’île. ... Robinson était accablé de douleur.

Robinson voulait mourir. Il se dirigea vers le chaos rocheux pour se glisser dans une fente et s'endormir pour toujours. Soudain, un enfant sortit de l'ouverture. C'était le mousse du Whitebird qui s'était caché dans l'île pour échapper aux mauvais traitements. Il raconta qu'il avait vu Vendredi monter à bord avec Anda pendant la nuit.

👦🏻
Jean Neljapaev (Dimanche) — garçon d'environ 12 ans, mousse du Whitebird, estonien, cheveux roux, maigre, taches de rousseur, dos strié de marques, mains abîmées.

Robinson prit le mousse par la main et ils gravirent le piton rocheux. De là, ils virent le Whitebird disparaître à l'horizon. Le soleil se leva. Robinson sentait la vie et la joie entrer en lui. Vendredi lui avait enseigné la vie sauvage, puis il était parti. Mais Robinson n'était pas seul. Il avait maintenant ce petit frère aux cheveux roux.

Désormais, lui dit Robinson, tu t’appelleras Dimanche. C’est le jour des fêtes, des rires et des jeux. Et pour moi tu seras pour toujours l’enfant du dimanche.